Un cahier des charges pour bouteille de sauce n'est ni une collection de photos ni une liste de préférences esthétiques. Il sert de référence commune à la marque, au conditionneur et au fabricant d'emballages : chacun travaille sur le même produit, teste la même configuration et prend ses décisions à partir de résultats comparables. Le document doit donc relier la recette, le procédé de remplissage, le flacon, la fermeture, le décor, la ligne, le carton et la distribution.
Cette précision est particulièrement importante en France et dans l'Union européenne. Une mayonnaise, un ketchup lisse, une sauce pimentée avec graines et une vinaigrette biphasée peuvent partager une contenance de 250 ml sans pouvoir partager le même orifice, la même valve, la même matière ou le même protocole de migration. La mention « apte au contact alimentaire » ne suffit pas à décrire les conditions réelles d'emploi.
Ce guide s'adresse aux marques alimentaires, aux responsables achats, aux équipes qualité, aux chefs de produit et aux façonniers. Il aide à préparer un document suffisamment précis pour obtenir une proposition technique, un chiffrage et des échantillons pertinents, tout en laissant la possibilité de comparer plusieurs solutions.
Le principe directeur est simple : chaque exigence doit répondre à quatre questions — pourquoi est-elle nécessaire, comment sera-t-elle mesurée, qui la valide et que se passe-t-il si le résultat n'est pas conforme ?
Le cahier des charges doit commencer par la sauce, pas par une photo de bouteille

Une photo indique une silhouette, parfois un type de bouchon. Elle ne dit rien du comportement de la sauce, du cycle thermique, du diamètre des morceaux, du niveau de vide au refroidissement ni de la vitesse de la remplisseuse. Or ces données déterminent la compatibilité de l'emballage.
Commencez par une fiche « produit et procédé » séparée du dessin du flacon. Le fournisseur pourra alors expliquer pourquoi une solution est retenue et sur quelles hypothèses elle repose. S'il ne connaît pas encore une donnée, écrivez « à confirmer » avec une date et un responsable ; ne remplacez pas l'information par une valeur supposée.
Décrire la famille de sauce et son usage
Indiquez le nom commercial provisoire, mais aussi la famille technique : ketchup, mayonnaise, moutarde, sauce émulsionnée, sauce huileuse, coulis, marinade, sauce avec inclusions, condiment fermenté ou préparation sucrée. Précisez si le flacon sera conservé à température ambiante, au froid avant ouverture, au froid après ouverture, ou utilisé en restauration avec de nombreux cycles d'ouverture.
Décrivez le geste attendu. Le consommateur doit-il verser un filet, déposer un point, napper une assiette, doser une portion ou vider rapidement le contenu ? Le flacon est-il posé sur son fond ou tête en bas ? Une famille peut comporter une sauce lisse et une autre avec morceaux ; dans ce cas, ne présumez pas qu'une fermeture commune conviendra aux deux.
Informations minimales sur la formulation
| Donnée | Ce qu'il faut transmettre | Pourquoi elle influence l'emballage |
|---|---|---|
| pH | Valeur cible, plage et méthode de mesure | Aide à définir les conditions de contact, le procédé et les essais pertinents |
| Matières grasses | Pourcentage, type d'huile et présence d'arômes lipophiles | Influence le choix des simulants, la compatibilité et le nettoyage de l'orifice |
| Viscosité | Valeur avec température, appareil, mobile, vitesse et temps de mesure | Conditionne la force de pression, le diamètre de sortie et la cadence de remplissage |
| Particules | Nature, dimension maximale, proportion et déformabilité | Détermine le passage minimal et le risque de blocage d'une valve |
| Sel, alcool, acides, arômes | Composition ou fiche technique confidentielle | Peut modifier la compatibilité matière et les conditions d'essai |
| Densité | Valeur à la température de remplissage | Convertit le volume en masse et permet de calculer le poids transporté |
| Oxygène et lumière | Sensibilité connue de la recette | Peut justifier une barrière, une teinte ou une durée de vie à confirmer |
Si la formule est confidentielle, un accord de confidentialité peut protéger la recette. Il reste néanmoins nécessaire de fournir les propriétés qui guident la sélection. Dire seulement « sauce épaisse » est insuffisant : une viscosité sans température ni protocole ne permet pas davantage de comparer deux mesures.
Pour une sauce non newtonienne, demandez si possible plusieurs points de mesure ou une courbe. Le ketchup, par exemple, peut présenter une forte résistance à l'écoulement au repos, puis devenir plus fluide sous l'effet du cisaillement. Même lorsqu'une valeur de viscosité est disponible, un essai de dosage avec le produit réel reste donc indispensable.
Les particules doivent être décrites comme un risque fonctionnel
Notez la dimension maximale observée, pas seulement la moyenne. Une graine dure, une fibre souple et un morceau de légume compressible ne franchissent pas un passage de la même manière. Identifiez le plus petit passage du système : orifice, réducteur, fente de valve ou canal interne du bouchon. Ajoutez un critère fonctionnel, par exemple « 30 doses consécutives sans obstruction ni projection irrégulière ».
Température de remplissage, pasteurisation et durée de conservation

Une fois la recette caractérisée, il faut décrire le procédé auquel l'emballage sera réellement soumis. Le mot « chaud » est trop vague pour choisir une matière : le cahier des charges doit retracer l'historique thermique de l'ensemble flacon-bouchon-opercule, depuis la sortie de la cuve jusqu'au refroidissement.
Indiquez la température nominale et la température maximale au bec de remplissage, le temps passé à cette température, le délai avant bouchage, la température au bouchage, la méthode de refroidissement et la température atteinte avant mise en carton. Précisez si le produit est pasteurisé avant remplissage, rempli aseptiquement ou stérilisé après fermeture.
| Procédé | Informations à figer | Risque à vérifier sur l'emballage |
|---|---|---|
| Remplissage à froid | Température, désinfection de ligne, produit réfrigéré ou ambiant | Compatibilité chimique, contamination, reprise de forme |
| Remplissage tiède ou chaud | Température réelle au bec, durée, bouchage et refroidissement | Retrait, ovalisation, déformation du col, fuite au refroidissement |
| Remplissage aseptique | Traitement du produit, de l'emballage et de la zone de remplissage | Compatibilité avec l'agent de décontamination et la ligne |
| Pasteurisation après bouchage | Barème temps-température et mode de chauffage/refroidissement | Tenue dimensionnelle du corps, du col, du joint et du décor |
| Traitement en autoclave ou stérilisation | Température, pression, contre-pression et durée | Choix d'une matière et d'une structure spécifiques ; qualification complète |
Un PET standard ne doit pas être retenu par défaut pour une opération à température élevée. Le PP peut offrir une meilleure tenue thermique dans certaines configurations, mais le nom de la résine ne constitue pas, à lui seul, une validation. La géométrie, le poids, le col, le bouchon, le joint et le cycle complet doivent être évalués ensemble.
Définir la durée de vie comme une étude, pas comme une promesse du flacon
La DDM ou la DLC dépend de la formulation, du procédé, de l'hygiène, de l'oxygène résiduel, de la barrière de l'emballage, de la fermeture et du stockage. Le fabricant de bouteilles peut fournir des données matière et participer aux essais, mais il ne doit pas fixer seul la durée de conservation de la sauce.
Décrivez la durée visée, les conditions normales et les scénarios défavorables : stockage debout ou inversé, exposition à la lumière, température d'entrepôt, transport estival et ouvertures répétées. Prévoyez des contrôles au début, à des étapes intermédiaires et en fin d'étude : fuite, perte de masse, couple d'ouverture, aspect, odeur, goût, couleur, teneur en oxygène si elle est pertinente et comportement au dosage.
Dimensions, col, bouchon, étiquette et carton : définir un système complet

Après la recette et le procédé, le cahier des charges doit décrire l'emballage comme un système complet. Un flacon ne fonctionne jamais seul : la version de chaque composant doit être identifiable. Un changement apparemment mineur de bague, de joint, de mélange-maître colorant ou de fournisseur d'étiquettes peut modifier le résultat.
Contenance nominale, capacité à ras bord et volume de tête
Séparez trois notions : la quantité nette vendue, le volume nominal de remplissage et la capacité à ras bord. Ajoutez la densité de la sauce et la plage de dosage de la remplisseuse. Le volume de tête doit absorber les variations de remplissage et les effets thermiques sans donner au consommateur l'impression d'un flacon sous-rempli.
Pour un lancement en France, la déclaration de quantité relève aussi du dossier métrologique et de l'étiquetage. Le dessin du flacon ne remplace donc ni les contrôles de quantité ni les obligations du conditionneur.
Plan coté et tolérances utiles
Le plan approuvé doit au minimum contenir : hauteur totale, diamètre ou largeur maximale, profondeur, capacité nominale, capacité à ras bord, masse cible du flacon, verticalité, dimensions de la bague, hauteur de col, zone de préhension, zone d'étiquette, rayons, plan de joint et stabilité de la base.
N'ajoutez pas une tolérance copiée d'un autre projet. Elle doit découler de la fonction. La hauteur totale et le diamètre influencent les guides de ligne et le carton ; la bague influence le vissage et l'étanchéité ; la planéité de base influence la stabilité ; la zone d'étiquette influence la pose et l'aspect.
Bague, filetage et système de fermeture
Indiquez la référence exacte du col et du bouchon, pas seulement « 38 mm ». Deux bagues de diamètre proche peuvent avoir des filetages, des hauteurs et des surfaces d'étanchéité différents. Le dossier doit préciser le nombre de filets, la présence d'une bague inviolable, le type de joint, l'opercule éventuel, la valve, l'orifice et la position du décor.
Pour une sauce à doser, comparez un clapet simple, un réducteur, un bec et une valve. Un flacon souple inversé pour ketchup n'est pertinent que si la sauce, la force de pression, le retour d'air et le seuil d'ouverture de la valve produisent ensemble le geste attendu.
Couple de vissage et couple d'ouverture
Le cahier des charges doit définir le couple d'application sur la ligne, la méthode de mesure, le délai entre vissage et contrôle, ainsi que la plage de couple d'ouverture attendue. Un couple trop faible peut favoriser une fuite ; un couple excessif peut déformer le joint, endommager le filetage ou rendre l'ouverture difficile.
Ne publiez pas une valeur universelle. Faites déterminer la fenêtre de fonctionnement sur la combinaison réelle flacon-bouchon-joint, avec plusieurs lots et à la température de production. Ajoutez le réglage initial de la capsuleuse, la fréquence de contrôle et la procédure en cas de dérive.
Étiquette, manchon ou impression directe
Précisez la matière du décor, l'adhésif, la finition brillante ou mate, les couleurs, les zones sans encre, le code de traçabilité et la position. Sur un flacon comportant des reliefs ou des rayons, évitez de placer le bord de l'étiquette sur une variation de surface. Une marge d'environ 5 mm après un rayon constitue un point de départ prudent, à confirmer par un essai de pose sur le flacon retenu.
Demandez le sens d'enroulement, le diamètre de mandrin, la détection par cellule et la tolérance de position pour une pose automatique. Une étiquette transparente peut exiger un repère de détection sur le support. Un manchon rétractable nécessite son propre protocole, car la chaleur de rétraction peut déformer un flacon léger.
Carton, sachet, palette et expédition
Définissez si les bouchons sont montés ou emballés séparément. Cette décision change le volume, le risque de déformation, l'hygiène et le travail sur la ligne. Certains bouchons inviolables ou complexes ne doivent pas être prémontés sans validation.
Le carton doit préciser le nombre de pièces, l'orientation, le sac intérieur éventuel, les séparateurs, la résistance à la compression, les marquages, les dimensions extérieures et la palette. Calculez le colisage pour l'ensemble flacon-fermeture : un prix calculé au millier qui ne tient pas compte des cartons de bouchons fausse l'estimation du fret et de l'espace de stockage.
Cadence de ligne et contraintes industrielles
Une configuration cohérente sur le papier doit encore fonctionner à la cadence prévue. Un flacon peut être parfaitement étanche en laboratoire et poser problème à 100 unités par minute. Décrivez la ligne actuelle ou envisagée : alimentation, rinçage, remplissage, pose du bouchon, vissage, scellage par induction, étiquetage, marquage, encartonnage et palettisation.
Transmettez la cadence nominale, la cadence de pointe, le nombre de têtes, le principe de remplissage, le diamètre des buses, la hauteur de prise sous col, le type de convoyeur, les changements de format disponibles et la place pour une bouteille inversée. Mentionnez aussi les limites : hauteur sous remplisseuse, largeur entre guides, diamètre minimal de base et stabilité sur convoyeur.
Le comportement au remplissage
Une sauce visqueuse peut former un fil, piéger de l'air ou salir la surface d'étanchéité. Une sauce avec particules peut demander une buse plus large. Une émulsion peut mousser selon la vitesse. Le cahier des charges doit donc préciser le niveau de remplissage, le temps de stabilisation, la tolérance de masse et l'absence de produit sur la bague avant fermeture.
Pour un flacon souple, vérifiez qu'il ne s'écrase pas sous les guides ou pendant le vissage. Pour un flacon léger, contrôlez son transfert entre les machines. Pour un format inversé, confirmez son orientation et sa stabilité après fermeture. Des flacons souples pour sauces en gros disponibles sur outillage existant permettent de mener ces premiers essais avant d'engager une solution spécifique.
Essai de ligne : définir les quantités et les critères
Prévoyez un premier lot pour les essais manuels, puis un lot représentatif pour la ligne. Le nombre nécessaire dépend de la longueur du circuit, des réglages et du nombre de redémarrages. L'essai doit mesurer les arrêts, les chutes, les défauts de bouchage, les défauts d'étiquetage, les fuites et le rebut, pas seulement montrer que « la bouteille passe ».
Consignez la recette utilisée, sa température et son numéro de lot. Conservez les réglages machine, les échantillons prélevés avant et après le passage sur ligne, les photos des défauts et le compte rendu de la décision. Si l'essai est réalisé avec de l'eau à la place de la sauce, précisez clairement les points qu'il ne permet pas de valider.
Conformité alimentaire et dossier documentaire pour la France et l'Union européenne

Les performances industrielles ne remplacent pas la conformité au contact alimentaire. Pour un emballage plastique destiné à une sauce commercialisée en France, demandez une déclaration de conformité à jour, les informations pertinentes sur sa composition, les restrictions d'emploi et les justificatifs correspondant aux conditions prévues. La DGCCRF rappelle que la déclaration de conformité des plastiques doit être établie selon l'annexe IV du règlement (UE) n° 10/2011.
Le texte consolidé du règlement (UE) n° 10/2011 est disponible sur EUR-Lex. Le cahier des charges ne doit pas figer une ancienne version réglementaire sans procédure de mise à jour. Indiquez le marché, la date de lancement et la responsabilité de veille.
La conformité doit couvrir les conditions raisonnablement prévisibles : type de denrée, température, durée, usage unique ou répété, et rapport surface-volume. Une attestation générique ou un rapport portant sur une autre résine, une autre couleur ou un autre bouchon ne suffit pas automatiquement. Notre guide sur la conformité au règlement UE 10/2011 détaille les documents et la logique de migration.
Dossier documentaire recommandé
- Déclaration de conformité de chaque composant au contact : corps, bouchon, joint, valve, opercule et encres si concernées.
- Spécification de la matière et de la couleur, avec référence précise et restrictions d'emploi.
- Rapports d'essais pertinents, laboratoire, dates, échantillons et conditions.
- Plan approuvé et nomenclature avec indice de révision.
- Fiche de sécurité ou documentation des produits de nettoyage si nécessaire.
- Traçabilité des lots de résine, composants, production et contrôles.
- Procédure de notification avant tout changement de matière, fournisseur, moule, procédé ou site.
Pour les projets concernés, nous pouvons réunir les documents disponibles sur les composants en PET, PP, PE ou silicone, ainsi que les documents relatifs à notre système ISO 22000. Chaque pièce doit toutefois correspondre à la référence retenue et aux conditions d'emploi de votre sauce. Un certificat général ne suffit pas, à lui seul, à démontrer qu'un assemblage précis convient à toutes les recettes.
Transformer le document en plan de validation

Une fois les composants et leurs justificatifs identifiés, transformez les exigences en critères d'acceptation mesurables. Un bon cahier des charges ne se termine pas par « échantillon à approuver » : il précise ce que l'échantillon doit démontrer. Pour chaque exigence critique, indiquez la méthode, le nombre de pièces, les conditions d'essai, la limite d'acceptation, le responsable et l'enregistrement attendu.
| Caractéristique | Méthode proposée | Critère à définir |
|---|---|---|
| Aspect | Inspection sous éclairage défini, échantillon de référence | Défauts critiques interdits ; limites visuelles convenues |
| Dimensions | Pied à coulisse, jauge ou projecteur selon le plan | Tolérances du plan approuvé |
| Masse et capacité | Balance étalonnée, eau ou méthode définie | Plage convenue et traçable |
| Étanchéité | Flacon rempli avec la sauce réelle, position et durée définies | Aucune fuite ni aucun suintement selon la règle convenue |
| Couple | Mesure après délai défini | Fenêtre de vissage et d'ouverture validée sur ligne |
| Dosage | Série de pressions, masse délivrée et température définies | Dose moyenne, dispersion et absence de coulure |
| Chute | Flacon rempli, hauteur, orientation et nombre de chutes | Pas de rupture, ouverture ni fuite |
| Transport | Vibration, compression ou expédition pilote | Carton et ensemble intacts à réception |
| Ligne | Essai à cadence cible | Taux d'arrêt, rebut et défauts sous les limites convenues |
Tester avec la sauce réelle, du premier au dernier service
Un test utile couvre le flacon plein, partiellement vidé et presque vide. Il inclut la température normale d'usage et, si pertinent, le froid après ouverture. Pour un format tête en bas, laissez le flacon stocké dans cette position avant de vérifier le suintement et la propreté de la valve.
Répétez les dosages avec plusieurs opérateurs. Mesurez la masse délivrée, l'effort nécessaire, le retour en forme du flacon et la coulure résiduelle. Une moyenne satisfaisante peut masquer une forte dispersion. En restauration, cette variation influe sur le coût par portion ; à domicile, elle altère la perception de qualité.
Échantillon de référence et gestion des modifications
Conservez un échantillon signé ou scellé, mais rattachez-le à un plan, une nomenclature, une couleur et une date. Conservé seul, un échantillon se dégrade avec le temps et ne permet pas d'identifier la référence de matière. Le fournisseur doit obtenir une approbation avant tout changement susceptible d'affecter la fonction ou la conformité.
Pour un emballage personnalisé, organisez les jalons : validation du besoin, plan 2D/3D, prototype, essai fonctionnel, échantillon issu de l'outillage, essai de ligne, lot pilote et autorisation de série. N'engagez pas le paiement d'un moule sur la seule base d'une vue 3D ; définissez les conditions de chaque échéance et la propriété de l'outillage.
Répartir les responsabilités pour éviter les zones grises

La validation devient plus simple lorsque chacun intervient dans son domaine. La marque connaît la recette et le marché. Le façonnier connaît sa ligne et son plan de maîtrise sanitaire. Le fabricant d'emballages maîtrise le procédé de fabrication du flacon. Le laboratoire maîtrise les méthodes d'essai. Le cahier des charges doit formaliser cette répartition au lieu de faire porter toute la validation sur une seule partie.
| Décision | Marque | Conditionneur | Fabricant du flacon | Laboratoire |
|---|---|---|---|---|
| Formulation, durée de vie et allégations | Responsable | Consulté | Informé | Appui selon le protocole |
| Paramètres de ligne et couple | Approuve | Responsable | Propose une plage de réglage | Intervient sur la méthode si nécessaire |
| Plan, matière et production du flacon | Approuve | Consulté | Responsable | Intervient selon la mission confiée |
| Migration et conformité documentaire | Vérifie l'adéquation | Vérifie l'usage | Fournit le dossier de sa fourniture | Réalise les essais commandés |
| Essai de dosage et expérience d'usage | Responsable | Participe | Propose des variantes | Mesure si nécessaire |
| Transport et colisage | Approuve | Informe sur réception | Propose et exécute | Peut réaliser des essais normalisés |
Ajoutez un interlocuteur, une échéance et un livrable à chaque ligne critique. La formule « le fournisseur garantit la conformité » est trop générale si les conditions de remplissage ou la recette n'ont pas été communiquées.
Du besoin au lancement : avancer étape par étape

Une forme de bouteille ou un prix indicatif peut servir de point de départ. Pour retenir une solution adaptée, il faut ensuite préciser le besoin, comparer des configurations complètes, demander des échantillons, tester la sauce réelle, confirmer le fonctionnement sur ligne, puis encadrer la production. Cette progression évite de figer trop tôt une matière, une fermeture ou un décor qui ne conviendrait pas au procédé.
1. Préparer un dossier comparable
Envoyez la même version du cahier des charges aux fournisseurs. Demandez qu'ils listent leurs écarts, hypothèses et alternatives. Une offre moins chère n'est pas comparable si elle exclut la valve, le décor, le contrôle, les cartons ou les essais.
2. Comparer une référence existante et une solution spécifique
Une référence existante réduit généralement le délai, le coût d'outillage et le risque au démarrage. Une solution spécifique peut améliorer l'usage, la différenciation visuelle ou le passage sur ligne, mais elle demande des étapes de validation supplémentaires. Demandez les deux scénarios lorsque le volume annuel ne justifie pas encore clairement un moule.
3. Commander des échantillons identifiés et documentés
Chaque échantillon doit porter une référence, une matière, un poids, un col, un bouchon et une date. Chez Gracepack, nous confirmons avant le devis le contenu, la température, la capacité, la matière, la fermeture, la quantité, le conditionnement et la destination. Les échantillons envoyés restent associés à leurs photos, à leurs références et à leurs informations d'expédition. Vous pouvez ainsi vérifier que la configuration testée correspond bien à celle qui a été chiffrée.
4. Chiffrer le coût total, pas seulement le prix unitaire
Ajoutez le moule, le bouchon, la valve, l'opercule, le décor, les contrôles, les cartons, les palettes, le fret, les droits éventuels, le stockage, les rebuts de ligne et le risque d'obsolescence. Comparez aussi le nombre de bouteilles par mètre cube et le nombre de mois de stock. La solution la moins chère à l'unité peut devenir la plus coûteuse si elle impose un carton volumineux ou une quantité minimale de commande trop élevée.
5. Qualifier par étapes
N'engagez pas directement une grande série sur la base d'un échantillon manuel. Validez d'abord la fonction, puis la ligne, puis un lot pilote issu du procédé industriel. Définissez les échantillons de début de série et les contrôles en cours de production.
6. Formaliser la version approuvée
Le bon de commande doit reprendre la référence complète, l'indice du plan, les composants, la couleur, le décor, le carton, les contrôles, les quantités, le délai, les documents et la règle de traitement des non-conformités. Ajoutez la gestion des modifications et la traçabilité.
7. Tirer les enseignements du lancement
Après la mise sur le marché, recensez les fuites, les difficultés d'ouverture, le produit restant dans le flacon, les réclamations liées au dosage, les déformations et les dommages logistiques. Reliez chaque incident à un lot. Ces retours d'expérience permettent d'améliorer la version suivante du cahier des charges sans reprendre toute l'analyse à chaque commande.
Les erreurs qui rendent un cahier des charges inutilisable

- Choisir la matière avant de communiquer la température et le procédé de remplissage.
- Écrire « viscosité élevée » sans méthode ni température.
- Donner une taille moyenne de particules sans dimension maximale.
- Spécifier « col 38 mm » sans dessin ni référence de filetage.
- Exiger « étanche » sans position, durée, température ni contenu d'essai.
- Confondre conformité de la résine et conformité de l'ensemble fini.
- Valider le flacon vide sans la sauce réelle, la fermeture et le cycle thermique.
- Oublier la cadence, les guides, la capsuleuse et le détecteur d'étiquette.
- Chiffrer les bouteilles sans cartons de bouchons ni palettes.
- Modifier le décor ou la couleur après validation sans réévaluer le risque.
- Accepter un certificat ou un rapport qui ne permet pas d'identifier la référence testée.
- Confier la durée de vie de la sauce au seul fournisseur d'emballages.
La checklist prête à envoyer au fabricant
Ces erreurs ont un point commun : elles laissent au fournisseur une information essentielle à deviner. La checklist suivante vous aide à constituer un dossier exploitable dès la première consultation. Vous pouvez la télécharger au format CSV, l'ouvrir dans Excel ou dans votre outil de gestion des achats, puis ajouter un responsable, une date et un statut. Voici la version courte à reprendre dans un appel d'offres.
Produit et usage
- Nom de la sauce, famille, recette ou fiche technique sous confidentialité.
- pH, matières grasses, densité, viscosité avec protocole et dimension maximale des particules.
- Position d'usage, dose attendue, fréquence d'ouverture et température de service.
- Quantité nette, volume nominal, espace de tête et durée de vie visée.
Procédé
- Température nominale et maximale au remplissage.
- Délai et température au bouchage, refroidissement, pasteurisation ou stérilisation.
- Cadence, type de remplisseuse, buses, guides, capsuleuse, étiqueteuse et convoyeur.
- Critères d'essai de ligne et quantité d'échantillons nécessaire.
Bouteille et fermeture
- Matière, référence de matière, couleur, poids, capacité et dimensions fonctionnelles.
- Plan de bague, bouchon, joint, valve, opercule, inviolabilité et orifice.
- Couple d'application, couple d'ouverture et méthode de contrôle.
- Critères de dosage, fuite, chute, transport et reprise de forme.
Décor et logistique
- Zone d'étiquette, matériau, adhésif, sens d'enroulement, mandrin, repère de détection et tolérance de pose.
- Bouchons montés ou séparés, sac intérieur, quantité par carton et marquages.
- Dimensions et masse des cartons, palette, empilage, trajet et conditions de stockage.
- Quantité minimale de commande (MOQ) par composant, prix par palier, délai, outillage et programme annuel.
Qualité et conformité
- Marché de destination et textes applicables à la date de lancement.
- Déclaration de conformité, rapports pertinents et restrictions d'emploi.
- Plan de contrôle, taille d'échantillon, limites et règle d'acceptation.
- Traçabilité, échantillon de référence, gestion des modifications et traitement des écarts.
Questions fréquentes
La checklist couvre les données à transmettre. Les réponses ci-dessous précisent les choix qui suscitent le plus souvent des hésitations au début d'un projet.
Quelle longueur doit avoir le cahier des charges ?
Il doit être aussi court que possible sans supprimer une donnée qui influence la sécurité, la fonction, la ligne ou le coût. Un document principal de quelques pages, accompagné d'un plan, d'une nomenclature, d'un protocole d'essai et de pièces réglementaires, est souvent plus exploitable qu'un fichier unique très long.
Faut-il connaître toutes les valeurs avant de contacter un fabricant ?
Non. Identifiez clairement les inconnues et demandez au fournisseur de proposer une méthode pour les lever. La sauce, le cycle thermique, la contenance, le geste, la ligne, la quantité et le marché doivent néanmoins être décrits assez tôt pour éviter une recommandation générique.
Peut-on utiliser le même flacon pour plusieurs sauces ?
Oui, si les recettes présentent des contraintes compatibles et si chacune fait l'objet d'une validation. La sauce la plus fluide peut révéler une fuite ; la plus épaisse ou la plus chargée peut bloquer l'orifice. Pour une gamme de bouteilles de ketchup pour marques propres, il est possible de mutualiser le corps du flacon et certains éléments du décor, mais chaque recette critique mérite son propre essai fonctionnel.
Qui doit rédiger le document ?
Le chef de projet peut piloter le document, mais les équipes chargées de la recette, de la qualité, de la production, des achats, du marketing et de la logistique doivent y contribuer. Le fournisseur complète les informations relatives à l'emballage et signale les écarts ; il ne peut toutefois pas se substituer à la marque ou au conditionneur pour définir les paramètres qui relèvent de leur procédé.
Quand faut-il envisager un nouveau moule ?
Envisagez un nouveau moule seulement après avoir vérifié que les références existantes ne répondent pas aux exigences d'usage, aux contraintes de la ligne ou à l'identité de la marque. Cette solution devient pertinente lorsque le volume, la durée de commercialisation et le bénéfice attendu justifient les essais, le délai de développement et la maintenance de l'outillage.
Un cahier des charges doit accélérer la décision, pas la ralentir
Le cahier des charges remplit son rôle lorsqu'un fournisseur peut répondre avec une configuration identifiable, une liste d'écarts, un plan d'essais, un chiffrage complet et un délai réaliste. Il limite les échanges imprécis tout en laissant la place à une solution mieux adaptée.
Pour engager une première étude, transmettez au minimum la sauce, le pH, la teneur en huile, la viscosité et les particules, le cycle thermique, la contenance, le geste de dosage, la cadence, le bouchon souhaité, le décor, le colisage, la quantité annuelle et le pays de commercialisation. Joignez une fiche technique ou un échantillon de la sauce lorsque c'est possible.
Envoyez votre cahier des charges à Gracepack. Nous pouvons vous aider à compléter les informations manquantes, sélectionner des références existantes et préparer des échantillons clairement identifiés. Nous commençons par une configuration testable ; un moule sur mesure n'est envisagé que si la fonction, le volume et l'identité de la marque le justifient.
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